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L'HOMME AU COUFFIN
Je le vois encore avec son bleu changaï et sa koffa a la main, son chéche et ses sandales , descendant la rue Zabana (ex hoche) pour se dirigé aux studios de la chaîne 3.
Dés qu'il arrivait de loin on commençait a faire du smir, haha ha, je savais qu'il allait me lâcher une bombe et j'étais prêt a lui rendre éssarf. C'était tout le temps comme ça avec Hamid Kechad. La bonne humeur.
Grâce a lui la radio a fait découvrir un tas de personnages, il a fait un travail dingue pour la musique algérienne du moderne au chaâbi en passant par l'ethno ( Contact, Gal ou Gal,Kima fel b’har idir el aouam...). Il était partis au fin fond du sahara pour enregistrer des musiques inconnues au delà des zones désertiques. C'était un grand découvreur. Lorsqu'il faisait ses interviews a ses début dans contact, des fois c'était a tomber de rire tellement il avait de la finesse. Hamid c'était notre pote a la radio. C'était UN GRAND.
Et puisqu'il est de Koléa je peux dire aujourd'hui avec sa disparition
OUI TAHAT KOLEA YA RAB !
Allah yerahmak ya Hamid et toutes nos condoléances a ta famille.
Ton pote Aziz Smati
Post-scriptum: Hé, Hamid tu te rappelle de celle là: "Une minute avant sa mort, il était encore vivant!"
Hamid Kechad est décédé le 3 janvier 2008, il avait 53 ans.

Et là, encore une fois, bien plus fort que moi, le souvenir des moments heureux mais aussi des jours sombres qui ont tant endeuillé notre pays. Il y avait heureusement ton impertinence joyeuse et, comme toujours, les mots pour rire du mauvais sort.
Les moments les plus durs, les plus insoutenables, les lendemains de massacre dans cette Mitidja que nous avons tant aimé, tu t’accrochais au devoir de témoigner. Porter seul sa peine devant l’horreur, faire son papier et avancer. A Boumedfaâ, Aïn Dem, à la libération de Larbaâ des crocs du GIA, en remontant l’Oued El Harrach jusqu’à Tabainet, où cette nuit là justement, tu t’étais retrouvé, une arme à la main, à la tête des villageois pour repousser plusieurs attaques terroristes. Cela avait duré toute la nuit et au petit matin, tu étais au café à rire aux larmes de ta peur et de ta conquête du courage. Tu étais heureux, comme ces villageois qui avaient pris la première fois les armes, d’avoir surmonter l’épreuve. Depuis, les terroristes ne sont plus revenus. Oui Hamid, oui, le malheur n’est pas une fatalité. Bien plus tard, à Haouch Grau, autour d’un feu et avec, le souvenir des amis morts au combat, tu riais encore de toi-même, jamais des autres et dans la délectation partagée de ton intarissable don de conteur tu étais griot décalé, médecin de l’âme, marginal impertinent, fou et sage à la fois. Contre la bêtise et la barbarie tu n’a eu pour unique secours que ta profonde et incorrigible humanité. Homme humble qui aimait les humbles et les petites gens, totalement installé dans le parti pris des faibles et des démunis, tu étais de tous les engagements pour la justice et la liberté. Dans les années 70 contre les intégristes qui voulaient déjà imposer leur hégémonie totalitaire, contre le parti et la pensée unique, étudiant volontaire, militant communiste dans le défunt PAGS, tu avais fais tes classes à l’école de la clandestinité rude et âpre et conforté une âme généreuse, pas l’âme d’un soldat. Anarcho-syndicaliste sur les bords, franc- tireur, nourri à l’utopie humaniste, universaliste et viscéralement attaché aux racines et aux sèves de la culture populaire maghrébine. Le look vieil Alger et enfant de Douaouda, fier descendant de la tribu des Béni Slimane sur les hauteurs de Tablat et de cœur, aussi vaste que fragile, targui des monts de l’Atakor, musicien des Kel Iherir ou même poète caravanier, digne fils de Kenadsa, remontant la Saoura jusqu’au Tafilalet. Heureux dans les cafés de Bel Abbés ou de Constantine, partout où tu étais, sur la route du raï ou du Tindi, de l’Ahellil ou du Chellali, tu as fais découvrir à des générations d’algériens des chants millénaire qu’ils n’avaient jamais entendus jusque là. Enfant d’Alger, tu avais une place à part pour le chaâbi, sans ornières, comme nous l’avait appris Bachir Hadj Ali. Tu as aimé la musique, comblé, dans une Algérie véritable continent musical. Diabétique dépendant depuis près de trente ans, tu as mené un combat de tous les jours, pour dompter la maladie sans jamais l’accepter, ni te plaindre même aux pires moments de ton corps terrassé par la douleur. Stoïque, d’un courage exemplaire, tu avais le sourire intérieur pour rassurer les amis comme Alloula qui disait, quand son ulcère le tenaillait : « C’est mon petit chien qui a faim. » Passé la crise, tu reprenais ton travail sans rechigner à l’effort, reporter consciencieux, tu as fais, toi aussi, ta part des belles pages de la presse algérienne.Tu vois Hamid ce soir j’ai le blues et j’ai le chant triste comme dans une qacida d’El Anka ou un gharami d’Amar Zahi, comme eux, poète de ta vie jusqu’à l’ultime instant où ton corps t’as quitté. J’ai le blues et m’interroge comment et pourquoi, dans la force de l’âge et la plénitude de tes moyens, il t’a fallut une aussi grande peine pour pouvoir travailler, écrire et témoigner des pulsions qui ont fait, à chaque fois résister ce pays. Tu as aimé ce pays comme tu l’entendais, fidèle au vœu et à la prière de Khalil Djibran qui disait : « Je ne demande pas à mon pays de me donner, mais de prendre ce que je lui donne. » Et tu as tout donné. Que Dieu t’accueille en Son Vaste Sahara, el afia, pars en paix, vieux frère, car, maintenant que tu habite l’esprit, rappelles nous, si nous nous assoupissons, qu’il n’y a pas de paix sans la liberté.

Ma chère Kheira
Je ne te connais pas
j’ai connu ton mari la musique, la bière, le diabète et son couffin, on n’avait pas la même musique mais elle étaient ensemble au même moment j’aimais le rock et la nouvelles scène algérienne et je n avais pas le diabète.
Et lui, il ramenait des enregistrements châabi de l’école de de Koléa mais il vibrait au sons de Led zeppelin. On vibrait au son châabi d’el Kolea.
Le diabète étais déjà là. Le couffin était plein. Mais bon…
La dernière fois que je l’ai vu c’était à la radio, j’étais à Alger pour notre bouquin (alger nooormal) il m’invite pour en parler et il est le seul de la radio d y’avoir pensé.
Dans l’ascenseur….la réalisatrice de l’émission de Hamid me dit « tu sais….on n’a pas l’autorisation de t’inviter, le PAD (Prêt A diffuser) n’est pas signé »
On a fait l’émission sans autorisation.
J’ai adoré ce moment que nous nous sommes autorisé.
Hamid était indépendant, il n’aimé pas les autorisations.
Ne t’inquiètes pas Kheira même là bas il n’as pas besoin d’autorisation.
Il a trouver son couffin.
Il sait nager comme...
Mohamed Ali Allalou

Hamid Kechad est parti par un triste jeudi matin, emporté par un accident cardio-vasculaire foudroyant. L’animateur radio, qui était aussi un journaliste très actif, a été enterré en fin d’après-midi, le jour même de son décès à Koléa (40 km à l’ouest d’Alger) en présence d’une foule nombreuse venue de la capitale, de Boufarik et de Blida.
Kechad qui aurait eu 53 ans le 2 février 2008, est certainement décédé des suites d’une longue lutte contre un diabète qui a fini par provoquer de méchantes complications cardiaques. Il a été victime en décembre 2003 d’un infarctus qui l’avait contraint à une douloureuse hospitalisation à l’hôpital Mustapha Bacha. N’ayant pu bénéficier d’une prise en charge pour des soins à l’étranger malgré ses multiples démarches, y compris auprès du ministère de la Santé, Hamid s’est finalement tourné vers sa famille qui l’a aidé comme elle a pu, il s’est lourdement endetté pour arriver à réunir le financement de son opération en France, la pose de dilatateurs « des strents » dans ses veines et ses artères afin de faciliter la circulation du sang. Beaucoup de temps a passé depuis la première attaque, car la dernière opération a eu lieu durant le printemps 2006. Un peu tard pourrait-on dire ! Les médecins français n’ont pu ainsi prolonger sa vie que d’un peu plus d’une année. Vendredi 27 décembre, nouvelle attaque à 3h du matin. Hamid ne se réveille pas et part pour un long voyage sans retour, une semaine après. Malgré les contraintes imposées par son diabète, Hamid Kechad est resté un véritable professionnel de l’animation radio et un journaliste aussi volontaire, mobile et tenace. Il a animé pour le compte de la Chaîne III l’émission « Réverbères » avec entre autres, les célèbres Aziz Smati et Mohamed Allalou. Homme de principes et de positions, Hamid s’était fait éjecter de cette chaîne au début des années 1980, parce qu’il s’était engagé comme animateur d’une pétition de soutien aux Palestiniens suite aux massacres de Sabra et Chatila. A l’époque du fameux article 120-121 qui régissait l’activité du Parti unique, les autorités ne toléraient pas les actions, même celles de simple solidarité, qui n’était pas initiées par le FLN et ses organisations satellites. C’est avec « Guel ou Guel », toujours à la Chaîne III, ensuite pour le compte de la chaîne I, qu’il co-animera dans les années 1990, avec Saléha Larab, qu’il va se faire connaître du grand public. L’émission avait un esprit imagé par des propos tirés d’un poème de Bachir Hadj Ali « Bech doum essaâ ou ma ymoutch laksid » qui veut dire « Que la joie demeure et que le chant ne meurt pas. » L’émission, enrichie par de solides reportages où Hamid et Saléha enregistraient les musiques du terroir et les propos des anonymes qui les pratiquaient, prit une place de choix chez les mélomanes auditeurs de la Chaîne III et un peu plus tard de ceux de la Chaîne I. Les deux complices n’hésitaient pas à parcourir l’Algérie profonde, parfois ils parcouraient les immenses contrées désertiques pour ramener de nouvelles découvertes et révéler des talents jusque-là inconnus. C’est certainement de ces expéditions que Hamid s’habitua au chech targui et aux grosses godasses tellement pratiques, l’un contre les rayons du soleil, les autres pour les parcours difficiles. L’homme au chech targui est un rebelle. Il écrivit un article critique sur la gestion de la Chaîne III, il s’en fera éjecter une deuxième fois, avec en prime un procès pour diffamation intenté à l’époque par les gestionnaires de ce média. Il reviendra encore et toujours à la radio Chaîne III, où successivement il animera avec Safia Ouared, les émissions « N’dir kima ydir fa el bahr el aaouam », « Je ferai comme fait en mer le nageur », « Errances » et enfin « Salsa de martes ». Journaliste, Hamid Kechad a collaboré, parfois en free lance, avec nombre de journaux (L’Unité, Algérie actualités, El Watan, El Youm) et particulièrement avec Alger républicain, pour informer et vulgariser son thème le plus cher : la musique. Mais il s’est également intéressé aux sujets politiques et surtout sociaux qui touchaient les petites gens. Kechad est l’auteur avec Saléha Larab d’un livre Bouteflika-Madani Concorde civile, la paix des cimetières, publié par les éditions du quotidien Le Matin. Il s’est ensuite attelé à un autre ouvrage basé sur ce qu’il avait lui-même vu dans l’enfer terroriste de la Mitidja et des témoignages de la population victime de l’hystérie sanguinaire islamiste. Il avait également entamé la réalisation d’un documentaire sur le plus célèbre des Cherchellois, Mustapha Saâdoun et ses compagnons Les combattants de la liberté, qui étaient le bras armé du Parti communiste algérien (PCA), avant qu’ils ne rejoignent les rangs de l’ALN dans la lutte de Libération du pays. La mort de Hamid Kechad est certainement due aux complications du diabète, il n’est cependant pas à exclure que la situation politique et sociale soit également, même si l’effet est indirect, pour quelque chose. Homme courageux, juste, généreux et désintéressé, il était aussi d’une sensibilité d’écorché vif : il n’a jamais oublié le calvaire qu’ont vécu des milliers de personnes aussi pauvres qu’anonymes pendant plus de dix ans, dans les campagnes auxquelles il rendait souvent visite malgré le danger permanent. Il ne put ainsi jamais accepter les termes de la concorde civile et de la réconciliation nationale tels que conçus et appliqués par le président Bouteflika et ses hommes. Il a de ce fait vécu la régression dans laquelle s’enfonce le pays comme un drame et cela se conjuguait aux complications de sa maladie. Avec le décès de Kechad, la presse algérienne perd non seulement un journaliste de terrain mais aussi un animateur d’une grande valeur et en plus, un homme qui, lorsque la situation l’exigeait, osait se mettre debout pour exprimer la position de principe qui s’impose.
A. Ancer http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=83980

J'étais le zéro et l'infini

Aziz Farès : « A chaque fois que je lui demandais ce qu’il cachait dans son couffin… »

Cet article est dédié à notre cher et regretté frère Hamid qui nous a laissé un grand vide , toute la famille Elkheir de Douaouda et de Kolea prie Dieu pour toi " Ina lillah oua illiah rajioun " Allah Ya Ramek Ya Hamid

J’ai connu Hamid Kechad à Alger républicain juste après sa réapparition en 2002. Je n’arrive toujours pas et ne veux pas croire qu’il ne soit plus là.
Donc je n’utiliserais pas l’imparfait pour parler de lui. Hamid est un homme bien. Il a des valeurs et des principes qui font que toutes les personnes qui le connaissent ont un grand respect pour lui. Il est honnête, simple, humble, vrai dans tous ce qu’il entreprend, il se bat pour sa liberté et celle des autres. Humaniste, il est prêt à vous soutenir dans des causes justes quitte à perdre tout...Sa devise ne jamais plier l’échine. Il fait souvent référence à ses parents quant il parle de son éducation " je suis le fils d’El Hadja Kheira et elle m’a toujours demandé d’aider au mieux ceux qui se trouvent en difficultés même si je devais mourir pour ça". Hamid ne supporte pas la Hogra et l’injustice. Il réagit violemment à la misère des gens. Il s’enflamme à cause de travailleurs licenciés, de grévistes sans emploi, d’entreprises publiques fermées et bradées, de citoyens assassinés, de femmes battues ou à cause des actes de déstabilisation menés par les Etats Unis contre Castro ou Chavez. Hamid adore la Radio et se donne à fond pour bien accomplir son travail. Il aime faire partager les belles choses : une chanson d’El Badji, un son de Goumbri, une histoire sur un Ksar, un livre de Noureddine Saoudi... A côté de la radio, Hamid travaille bénévolement au Journal Alger républicain " c’est un journal sans le sou, mais c’est le seul qui défend les travailleurs et les pauvres. C’est la voix des démunis et il est conséquent dans ses analyses" aime t-il répété à ceux qui se moquent de son engagement. Il a une façon spéciale de mener ses interviews ou d’écrire ses articles. Il a une méthode infaillible pour mettre à l’aise un chanteur c’est de le faire parler de sa maman et de lui demander de chanter pour elle. Hamid aime beaucoup avoir un livre entre les mains. Il aime lire. Parle de Lorca, Steinbeck et son préféré, Mishima. Sa phrase-fétiche est " Je rêve d’une fenêtre ouverte sur une mer calme et un vol d’hirondelle "Hamid Kechad tu es un homme comme il n’en existe plus.
